Samedi 1 juillet 2006

Ça commence comme toute histoire,

Par un début qu’on a du mal à croire,

Histoire cruelle, glauque, sans espoir.

On a du mal à la reconnaître,

Elle qu’un jour un luthier a vu naître,

Aujourd'hui elle ressemble plus à rien et ne vit qu’au travers d’un refrain.
Son unique mélodie, elle l’a piquée à Vivaldi.

 

Je pleure, je meurs, mon son lointain meilleur ami

Depuis longtemps m’a trahi.

Mon âme est ternie, mon esprit est poussière,

Bientôt je serai comme lui.

 

Sans cesse son corps à corde se désaccorde

Au corps à corps, mais sans le moindre accord

Elle rêve du public l’acclamant encore

Si loin, si loin, il est déjà mort.


Et sous les doigts engourdis, d’un quelconque jeune introverti

Elle se surprend à repenser à cette étrange mélopée.
Certes elle ne l’a pas inventée, mais puisqu’elle la fait pleurer.

 

Bien loin de l’instrument endiablé qui pleure sous les coups d’archets,

Elle ne peut pas si facilement souffrir, hurler ce qui pour elle est un martyre.

Au loin sont toutes ses illusions au milieu des violons

Et non privée de lumière, recouverte de poussière

Cette mélodie seule, sera pour elle un linceul.

 

Mais passée de main en main, mais sans lendemain, je ne suis qu’une fille de joie,

Prise pour jouer, puis qu’on a laissée tomber.
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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