Samedi 1 juillet 2006

Illustration : Jonvon Nias : jonvon@hotmail.fr
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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Samedi 1 juillet 2006

Ça commence comme toute histoire,

Par un début qu’on a du mal à croire,

Histoire cruelle, glauque, sans espoir.

On a du mal à la reconnaître,

Elle qu’un jour un luthier a vu naître,

Aujourd'hui elle ressemble plus à rien et ne vit qu’au travers d’un refrain.
Son unique mélodie, elle l’a piquée à Vivaldi.

 

Je pleure, je meurs, mon son lointain meilleur ami

Depuis longtemps m’a trahi.

Mon âme est ternie, mon esprit est poussière,

Bientôt je serai comme lui.

 

Sans cesse son corps à corde se désaccorde

Au corps à corps, mais sans le moindre accord

Elle rêve du public l’acclamant encore

Si loin, si loin, il est déjà mort.


Et sous les doigts engourdis, d’un quelconque jeune introverti

Elle se surprend à repenser à cette étrange mélopée.
Certes elle ne l’a pas inventée, mais puisqu’elle la fait pleurer.

 

Bien loin de l’instrument endiablé qui pleure sous les coups d’archets,

Elle ne peut pas si facilement souffrir, hurler ce qui pour elle est un martyre.

Au loin sont toutes ses illusions au milieu des violons

Et non privée de lumière, recouverte de poussière

Cette mélodie seule, sera pour elle un linceul.

 

Mais passée de main en main, mais sans lendemain, je ne suis qu’une fille de joie,

Prise pour jouer, puis qu’on a laissée tomber.
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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Samedi 1 juillet 2006

Il s’appelait Lucky Loque, était franc-comtois.
Bilingue franco-patois, ça va de soi.
Élevait des Montbéliardes, avait aussi des oies

Dont il ne prélevait que le foie.

 

Récemment marié à la fille d’un fromager,

Expert en cancoillotte ®, et en comté ®.

Un jour sa belle fugua à bord d’une camionnette

« Marre du foie gras, à moi les paillettes » !

 

Et pour sa belle, armé d’un fusil,

Il comptait cette femelle, la ramener dans son lit.

Si elle revenait à la maison

Il lui ferait des gaudes et des baulons.

 

Pour la retrouver dans ce triste conté

Il souffrit milles brimades, et maints quolibets

Pour finalement la dénicher

Remuant des fesses dans un cabaret.

 

La belle évidemment avait un amant,

Lequel un peu truand était peu conciliant.
Il lui dit « comtois, rends-toi »

Ce à quoi Lucky rétorqua « Nenni ma foi ».

 

Un duel s’ensuivit, que le comtois perdit.
C’est ainsi que mourut Lucky le bourru

Qui pour sauver une poule quitta toutes ses oies.
Dans ce cas là excuse-moi mais t’es franchement con toi !
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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Samedi 1 juillet 2006

On s’était rencontré comme ça

En cours d’anglais à la fac de droit.
Tu m’avais frôlé le bras, j’avais ensuite franchi le pas,

On s’est retrouvé dans de beaux draps.

 

On n’avait pas la même vie,

Ça on l’a très vite compris.
T’aimais pas mes boxers noirs

Et moi je trouvais quand même bizarre

La gueule de ton string léopard.

 

Elle s’appelait Miss 6 jours,

Elle valait quand même le détour.
Moi elle m’en a laissé sept

Et puis la jolie minette

Est repartie sur sa planète.

 

J’te parlais de mes théories

De la faim dans le monde, de l’écologie.
Tu me racontais tes dernières fêtes

Où tu t’explosais la tête

À coup de pet’s et d’extasies.

 

Ton répondeur insupportable,

Tes expressions branchées,

Tes chaussures à pointes « chanmées »

Étaient cependant compensés

Par tes lèvres fortement prononcées.

 

Elle s’appelait Miss 6 jours,

Elle valait quand même le détour.
Moi elle m’en a laissés sept

Et puis la jolie nymphette

Est repartie sur sa planète.

 

Mais maintenant Fanny c’est fini,

L’histoire a pris un raccourci.
Quand t’es parti faire du ski

À Megève ou à Chamonix,

C’était pour sortir de ma vie.

 

Elle s’appelait Miss 6 jours,

Qu’est-ce qui m’a pris de lui faire la cour.
En souvenir elle m’a laissé,

Une putain de MST

Dont je me serais bien passé.

 

Elle s’appelait Miss 6 jours,

Elle valait quand même le détour.
Moi elle m’en a laissé sept

Et puis la p’tite midinette

Est repartie sur sa planète.
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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Samedi 1 juillet 2006

Je m’en souviens bien c’était en seconde,

Tu te faisais encore des mèches blondes.
T’es arrivée en cours comme si le monde avait changé.

Et tu nous as déballé : la photo du Che.

 

On a alors eu droit à tout le tralala,

Que le monde allait mal, que c’était dans « Le capital »,

Qu’il fallait être sérieux car c’était très sérieux,

Et que c’était bien triste qu’on soit pas tous marxistes.

 

C’est sûr que tes idéaux que tu brandis si haut,

Ils sont très beaux.

Mais perds pas de vue quand même

Que la vie vaut la peine d’être vécue.

 

Quand Staline t’a lâché, trahissant tes idées,

T’as réalisé que le véritable opprimé c’était pas l’ouvrier mais la femme au foyer.

Avec ton badge « MLF », « la femme est le prolétaire de l’homme »,

Dans la cour de récréation tu donnais des cours d’émancipation.

 

Puis tu t’es trouvé un p’tit mec

Qui côté beau gosse c’était le nec.
T’as jeté tes bannières aussi sec,

Tu savais plus quoi faire avec.

 

Il était tellement écolo

Que même ses pantoufles étaient bios.

Il était même végétalien, c’est devenu ton nouveau crédo.


Après trois ans de ce régime tu ressemblais aux filles des magasines :

T’avais plus que la peau sur les eaux, genre un Giacometti, mais en moins bouffi.

 

Et puis t’as soudain trouvé, que côté spiritualité, c’était pas le pied.

T’as tout plaqué d’un seul coup, pour le plus éclairé des gourous.
T’as appris à connaître ton corps, ça t’a demandé pleins d’efforts.
à la fin tu pouvais respirer en sentant ton ventre bouger !

 

Puis tu t’es dit « c’est trop sectaire, moi je me lance dans l’humanitaire.

Y’a trop de misère sur cette terre, mais comment j’ai pu être  si dépensière » ?

T’as tout très vite laissé tomber, « les hommes sont mauvais, ils ont qu’à crever » !

C’est pas comme ces pauvres animaux, qu’on torture dans les labos.
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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Samedi 1 juillet 2006

Elle avait du  charme, la fraicheur de la jeunesse,

C’était cela son arme, c’était cela ta faiblesse.
Ce n’était plus une enfant, elle avait du discernement.
Tu trouvais ça charmant, mais maintenant.

 

Au bord de la Seine, ça bout dans tes veines,

Une sombre reine.
Elle coule dans tes veines, cette sombre reine.

 

Ça faisait tellement longtemps que tu ne connaissais plus ça,

T’avais déjà oublié qu’un cœur pouvait s’emballer.

Tu pensais que ses 20 ans se répandraient dans ton sang,

Que tu pourrais retrouver ta jeunesse évaporée.

 

T’avais déjà oublié qu’un cœur ça pouvait saigner,

Qu’un cœur plusieurs fois brisé était plus dur à recoller.

Tu as à nouveau senti cette douleur sans merci,

Celle que tu t’étais juré d’à jamais écarter.

Pour elle ce n’était qu’un jeu, toi tu n’y as vu que du feu.
Aujourd’hui tu te sens vieux, de la buée plein les yeux.
Celle que tu t’injectes dans les veines est ta nouvelle reine.

Elle est bien moins belle mais tellement plus fidèle.

 

Elle avait du charme…
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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Samedi 1 juillet 2006
 

Voilà une chanson pour faire part de ma tristesse

A toutes ces gonzesses qui se sont montrées sans faiblesses

Et dont les fantasmes ont rendu ma vie dégueulasse

Elles m’ont toutes dit non.

 

La première j’étais jeune j’avais même pas 5 ans

Elle s’appelait Manon, faisait un palmier de ses cheveux blonds.

Elle s’est pas laissé faire, arguant que le seul type bien sur terre,

C’était son père.

 

Mais Manon, redescend sur terre

Tu sais que ton père il est pas célibataire

Et que ta vie tu peux pas la faire

Avec le mari de ta mère.

 

À 8 ans et demi j’ai rencontré Marie

Qu’était très jolie, appareil dentaire compris.

Dans la cour de récré, je lui ai dit que je l’aimais,

Que c’était pour la vie, elle a rougi.

 

C’en est resté là, c’était déjà pas mal

Mais plus tard j’ai appris que son cœur était déjà pris

Elle était amoureuse d’un cavalier masqué

Qui sauvait les veuves et les pépées.

 

Mais Marie Zorro c’est pas la vraie vie.

De toute façon c’est trop tard le samedi soir.

On te laisse regarder que Winnie l’ourson,

Qu’est bien moins mignon.

 

Puis il y a eu Céline, Clémentine et Nathalie

Qui m’ont toutes éconduit, et ont brisé ma vie

Pour des rêves, des mythes, et des lubies.

Ah vraiment, les filles d’aujourd'hui !

 

Elles n’ont d’yeux que pour les beaux ténébreux,

Pour ces chanteurs, ces acteurs, ces professeurs.

Plus ils sont inaccessibles,

Et plus elles les prennent pour cible.

 

Mais les filles, là vous partez en vrille.
Tous ces mecs, c’est rien que des paillettes

Qui auront bientôt toutes disparues

Sans vous avoir jamais connu.

 

Je sens une tension au sein de la gente féminine

Qui se dit « pour qui il se prend à nous traiter de gamines.

S’il croit que les garçons sont à l’abri de toute tentation

Il est un peu con ».

 

« Eh ouais Matthieu, ouvre un peu les yeux

Rappelle-toi tes transports amoureux.

Y’en a peu qu’on aimé la petite sirène

Et qui ont écrit jusqu’à tard une lettre à émmanuelle Béart ».
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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Samedi 1 juillet 2006

La traite des blanches

 

Elle était vachement bien roulée,

Mais peut-être un peu tête brulée

C’est sûr qu’un jour elle a brillé,

Mais pas vraiment comme elle voulait.

 

Son histoire est une tragédie,

La vie s’est montrée sans merci,

Comment cela est arrivé

Je vais vous le raconter.

 

Elle était née dans un champ,

N’avait pas connu ses parents.

C’était vraiment une belle plante,

Très élégante, pas irritante.

Elle avait confiance en son étoile,

Réussirait sans se mettre à poil.

Son signe était vraiment d’enfer,

C’était cancer.

 

Mais son étoile avait la tête dans les nuages

Ou était occupée à faire son repassage,

Car un triste soir d’été,

La p’tite, elle fut enlevée

 

Par un gars connu de la police,

Un certain Philipe ou Maurice,

C’est dingue come ce mec l’a roulée,

Ça il en a bien profité.

 

Il l’a même passée à tabac,

Une telle violence ça ne s’invente pas,

Puis elle s’est trouvée enfermée,

Avec vingt autres condamnées.

 

Dans le noir complet, pendant des jours,

Elle a fait un très long parcours,

Sans rien à boire, rien à manger,

La voilà toute desséchée.

 

Quand elle a enfin pu sortir,

Elle n’a pas eu le temps de s’enfuir,

Elle s’est tout de suite faite allumée

Par un mec complètement bourré.

 

La pauvre petite y est restée,

Ses rêves sont partis en fumée,

Elle s’est éteinte consumée,

La tête écrasée contre un cendrier.

 

Pas d’enterrement, pas de cérémonie,

Elle n’avait pour ainsi dire pas d’amis

Ses cendres ont été dispersées

Dans la cuvette d’un WC.

 

Alors là je vous le dit en toute franchise

Une telle histoire moi ça me scandalise

Allez, pour décompresser,

Je m’offre une roulée.

par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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Samedi 1 juillet 2006
 

Mélanie, malin, timide et elle mêle animal, intime, idéel
Au mâle intimidé, émit l’intime idée

D’un idéal mal animal

 

Mélanie a mal d’aimer

Donne l’âme au mal aimé

Nue elle aime l’homme lié

Nuée d’elle au loin passée

 

Ainsi Mélanie livra ses lèvres

Au mâle ami d’Amina l’âme à nue

Femme doublement trahie

D’une maîtresse, d’un amant,

D’un amour travesti

 

L’animal élimé lamina Amina
Mélanie nia mal et la miss se mina

Malheur à l’amour mâle d’une femelle éméchée

Les trompes ne tripèrent pas d’avoir été trompées

 

Acides pensées et amères aminées

L’amant mis à mal tout miel en la mêlée

Manipula l’amie qui ne put le nier

Malade mal aimée

 

Un malheur affamé, une vengeance à consommer

Amenèrent Amina à l’amour malmené

La fin fut si fameuse, la vengeance voluptueuse

Qu’enfin la pire des fins fut faite au pire défunt

 

L’amant périt la mine atterrée

L’âme en péril Amina terrée

Fuit la vengeance à la lame aiguisée

Fuit la vengeance de l’aimé

 

Mélanie a mal d’aimer

Donne l’âme au mal aimé

Nue elle aime l’homme lié

Nuée d’elle au loin passée

 

Une fois retrouvés par la mort réconciliés

Amis, amants et maîtresses enterrés

Seront pour l’éternité liés

Par un tenace roncier

 

Voilà une tragédie rondement menée

Tristan et Yseult n’auraient pas fait mieux
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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Samedi 1 juillet 2006
 

L’autre jour j’ai croisé cette minette, rue des Fillettes,

Elle était vraiment super chouette, j’l’aborde aussi sec,

J’lui dis cette nuit t’es sous ma couette, ma p’tite poulette,

Elle m’a dit : « sans dec’ » ?

 

Elle m’a tout de suite adoré,

J’vous jure que je l’ai pas fait exprès.
C’est dingue comme elle s’est attachée.

Pour la faire lâcher y’ a fallu vachement la secouer !

 

J’ai peut-être été un peu monstrueux,

Parfois je suis pas très précautionneux.

Il paraît que j’ai foutu sa vie en l’air,

Sa sœur le l’a dit au lit la nuit dernière.

 

Elle m’a dit t’es pas empathique, pas sympathique,

T’es empoté et empâté, antipathique,

C’est pathétique, pathologique, pas poétique,

J’ai pas pipé puis je l’ai plaquée, logique.

 

Du coup j’ai rappelé Daphnée,

Une ex à moi un peu huppé.

On s’est très vite réapprivoisé,

Autour d’une bouteille de Laurent Perrier®.

 

Mais quand elle m’a montré ses copains,

Je me suis senti très tiers mondains.

Mon ego est parfois très dur,

Il m’a imposé la rupture.

 

Il m’a dit…

… alors mon gars te force pas ! Logique.

 

Heureusement qu’il y a Johanna,

Je l’ai retrouvée dans mon agenda.
Son air d’espèce en voie d’extinction,

M’a toujours donné une espèce d’extinction de voix.

 

Ça a encore été le cas cette fois,

Pas pour les mêmes raisons je crois,

Car quand je l’ai enfin appelée,

C’est sur son mec que je suis tombé.

 

Il m’a dit…

… je l’ai écouté puis j’ai raccroché, logique.

 

Alors je suis retourné chez moi,

Un peu dépité, un peu las,

Et j’ai vu que j’avais un message,

J’ai vu ça comme un bon présage.

 

Mais là c’était ma maman,

Y’ a qu’elle qui me comprend finalement,

Sauf que là elle était très en colère,

Je l’ai pas appelée pour la fête des mères.

 

Elle m’a dit…

… y’a pas de pitié pour les enfoirés, logique !
par matthieu publié dans : diverspetitscontes
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